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  Le changement émergent
 

LE CHANGEMENT EMERGENT


LE CHANGEMENT EMERGENT DANS LES ORGANISATIONS

Changement émergent et évaluation

Les Fondements d'une Pratique d'Agent de Changement
Modèle conceptuel de la Méthodologie du Changement Emergent

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Ce n'est pas tant à la question " devons-nous évaluer l'innovation ? " que nous avons voulu répondre, mais nous interroger sur la perspective dans laquelle l'évaluation peut prendre du sens lorsque nous parlons de changement.

L’énovation et le changement émergent

Si nous considérons qu'éduquer c'est transformer et se transformer, nous considérons dès lors les intervenants de l'éducation comme des agents de changement. Nous retiendrons deux grands types de stratégies de gestion du changement: le changement planifié et le changement émergent.

La première stratégie a été fortement étudiée et porte sur la compréhension des phénomènes psychosociaux tels l'adhésion, la participation au processus d'implantation et la résistance au changement. La seconde stratégie est plus récente. Elle s'inspire avant tout des trois postulats suivants: premièrement, considérer le réel comme complexe, deuxièmement envisager la diversité comme une richesse et enfin regarder la gestion du changement comme une démarche appropriative, c'est-à-dire une démarche par laquelle les acteurs développent une plus grande maîtrise des réalités qu'ils vivent et des processus par lesquels ils pourront les transformer.

L'innovation s'inscrit habituellement dans une stratégie de changement planifié et l'énovation dans une stratégie de changement émergent. Ainsi la méthodologie du changement émergent s'intéresse aux énovations dans les systèmes complexes d'activités humaines.

La Méthodologie du Changement Emergent

La méthodologie du changement émergent (MCE) est un cadre théorique et une méthodologie d'intervention, une stratégie pragmatique de résolution de problèmes pensée en termes systémique et constructiviste.

En termes de démarche, nous pouvons distinguer quatre étapes qui s'opérationnalisent selon un processus non linéaire (Schoonbroodt et Gélinas, 1996). Ces étapes sont les suivantes: la problémation, la modélisation, la délibération, et la contextualisation.

La problémation

L'étape de la problémation vise à dégager la diversité de sens portée par les acteurs sur la situation problème (incluant l'idée de projet). Comme toute représentation est liée aux acteurs concernés, il importe à l'intervenant analyste d'identifier dans la situation réelle les différentes personnes concernées par la problématique posée. À partir d'une demande ou d'une volonté d'agir sur une situation, la stratégie d'intervention pour l'analyste commence par l'identification de ces personnes dans la situation réelle en les distinguant autour de trois rôles relatifs à la gestion de la situation problème Ainsi, nous distinguons :

- le rôle de client : désigne la personne qui sollicite une intervention et qui souhaite que quelque chose se passe, pour lui et/ou pour d'autres personnes ;

- le rôle de propriétaire : désigne les personnes qui sont concernées par le problème posé;

- le rôle de décideur : désigne les personnes qui ont la latitude d'agir sur la situation, à leur niveau d'implication.

Ces trois rôles ne sont pas exclusifs à un acteur ou à un groupe d'acteurs.

La problémation est une activité centrale et déterminante dans cette démarche. En effet, la méthodologie reconnaît aux acteurs la légitimité d'identifier le problème. C'est donc une activité qui permet l'explicitation de ce qui fait problème pour chaque acteur.

Concrètement, les acteurs sont invités par l'analyste à réfléchir sur la situation qui leur fait problème, à exprimer leurs visions personnelles et les perspectives dans lesquelles les problèmes prennent sens pour eux. C'est une activité de prise de recul et de construction de sens pour chaque participant.

La problémation n'est pas la recherche de solutions. L'analyste va chercher, dans ces entrevues, à comprendre ce que les personnes perçoivent, c'est ainsi que l'analyste pourra passer à l'étape suivante:

La modélisation

Elle sert à traduire les discours entendus sur la situation problématique en modèles logiques. L'analyste va utiliser un langage structurant, d'un autre niveau que celui des participants. Il va éviter de reproduire ce qu'il a entendu comme tel, ou de chercher à redire tout ce qu'il a entendu.

En fait, un des buts de cette activité est de permettre aux participants de prendre du recul et de prendre connaissance de la diversité des perspectives interprétatives d'une situation problématique.

L'activité de modélisation permet de quitter momentanément l'univers des contraintes et des ressources, l'univers des solutions et des alternatives, pour s'investir dans une projection purement rationnelle et logique. L'analyste prendra soin de créer plusieurs modèles, un seul discours pouvant donner lieu à plusieurs modèles.

Il est par ailleurs important que les modèles présentés soient en lien direct avec la situation problématique, que les acteurs puissent s'y retrouver, s'y reconnaître.

La délibération

Les modèles sont instrumentaux; ils servent de base à l'activité de délibération. Cette étape a pour but de permettre aux participants identifiés comme décideurs de prendre collectivement connaissance des résultats de la cueillette d'informations et du traitement qui en a été fait, soit la modélisation.

La délibération est aussi un moment particulièrement crucial pour évaluer la marge d'autonomie que les participants considèrent avoir pour la prise en main de la situation problématique.

La contextualisation

La prise de décision par les acteurs des actions que leur suggère la délibération se fait à l'étape de la contextualisation, qui consiste à replacer la délibération dans le contexte réel. Ce contexte nous ramène à des exigences de la réalité, ressources et contraintes, culture et pratiques, tradition et symboles. L'intervenant veille à tenir compte de la multiplicité des actions.

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