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Les
organisations, quelles qu’elles soient, pour des raisons
liées le plus souvent à l’amélioration
de leur efficience, à la mondialisation de leurs
marchés, au déplacement des centres d’activité,
au maintien de leur compétitivité et à
la croissance de leurs profits, sont amenées à
s’inscrire dans un mouvement permanent d’adaptation et de
transformation.
Dans
ce contexte de changement permanent où la question
n’est plus tellement de savoir si "tout le monde suit
?" mais plutôt "fait-on ce qu’il faut là
où il le faut ?", Permanent Change Management
Europe (P.C.M.E.) préfère parler de
"l’art du changement" en lieu et place
de "la science du changement".
En
effet, jusqu’à une époque récente,
on considérait que tout le
monde devait participer de la même
manière, avec la même
attitude, au renouveau culturel et à la transformation
de l’organisation.
Cette
vision des choses a amené les déviations que
l'on connaît en matière de comportement, de
contrôle abusif sur la manière de réaliser
les choses plutôt que sur la finalité attendue
: on avait détourné le fond pour se concentrer
sur la forme et aboutir au changement
planifié.
Aujourd’hui,
l’accent est plutôt mis sur "l’esprit"
dans lequel les choses doivent se réaliser et sur
ce qui doit se réaliser plutôt que sur le "comment".
A l’heure actuelle, les situations auxquelles les organisations
sont confrontées demandent de plus en plus de flexibilité,
d’adaptation rapide à un environnement, à
un contexte en perpétuelle mutation
où l’émergence
des idées, des initiatives, des actions prend le
pas sur la systématique de la démarche.
Mais
qu’est-ce que le Changement ?
L’organisation,
l’institution passe d’un monde ancien, où tous ses
membres acceptent les règles du jeu et se concentrent
sur le comment, à un monde où les acteurs
s’interrogent sur le sens des actions (le pourquoi).
Cette
mutation remet en cause l’ensemble des moteurs d’action
acceptés jusque là.
Le monde ancien s’appuie sur trois caractéristiques
propres à la société de type "mécaniste"
:
Ces
caractéristiques ont servi à élaborer
les règles de l’organisations Scientifique du Travail
(O.S.T.). Ces règles sont :
-
Le
chef sait : son autorité ne peut être remise
en cause, il est le seul à posséder la
connaissance
-
Il
n’y a qu’une seule manière de procéder.
Le mode opératoire et les procédures sont
là pour éviter toute improvisation ;
-
Les
acteurs acceptent volontiers de suivre ces règles
scientifiquement établies.
La
fin de notre XXème siècle et l’imminence du
passage au XXIème siècle est marquée
par trois changements fondamentaux :
- Le
progrès technique et, principalement dans les
technologies dites de la société de l’information.
Cette évolution met la connaissance à
portée de tous ;
- L’émancipation
de l’Homme se manifeste par une contestation de la société
et de l’ordre établi. Pour gagner, pour être
encore plus efficientes, les organisations doivent prendre
le risque de "libérer" l’individu.
Celui-ci prend conscience de sa souveraineté
personnelle, de sa liberté et il revendique le
droit de disposer de sa propre personne ;
- Cette
transformation libère un potentiel d’innovation
et de créativité important mais aussi
une démarche critique permanente qui interpelle
l’autorité, les règles, … voire les remet
en cause.
Le
changement devient aussi le terreau de l’innovation, la
création permanente, sa matière nourricière.
L’organisation adaptative et innovante se développe
grâce à la maîtrise des changements apportés
par les progrès économiques et technologiques.
A
l’aube du XXIème siècle, nous sommes à
l’ère de la relation caractérisée par
une prédominance de la communication, la relativité
des espaces-temps, la suprématie des réseaux,
ma prise en compte du non-rationnel,
l’incertitude constante due au changement permanent,
la montée de l’éthique, la mondialisation
des phénomènes et la prise en compte de la
complexité.
Si
nous nous référons à Paul
Watzlawick, un des fondateurs du groupe de Palo Alto
et auteur d’une méthodologie
du changement, il y a deux types de changements:
le changement 1 et le changement
2
Dans
La croissance systémique des organisations,
Pierre-Marc Meunier fait référence au zoologiste
Jean Dorst qui distingue également deux niveaux de
changement : la micro-évolution,
le passage progressif d’une espèce à une
autre qui est voisine (changement 1) mais aussi la macro-évolution,
le passage d’un type d’organisation à un autre
: le passage des poissons aux batraciens, des batraciens
aux reptiles, des reptiles aux oiseaux, puis aux mammifères
(changement 2).
Le
changement appréhendé d’une manière
plus intuitive, c’est peut-être
tout simplement la prise de conscience d’une dimension complémentaire,
d’une perception plus globalisante de ce que nous sommes,
en tant qu’individu, en tant que groupe, en tant que membre
d’une organisation qui se transforme en permanence et qui
interagit avec d’autres organisations.
C’est
peut-être aussi remplacer le mot crise,
que l’on assène à tout bout de champs depuis
des années, par le mot changement
ou par les mots transformation, mutation progressive et
permanente de la Société, de nous mêmes,
des organisations dans lesquelles nous vivons et dans lesquelles
nous passons.
Le
changement, c’est peut-être tout simplement passer
de la connaissance (le savoir), à l’exploitation
de ce savoir, le savoir faire, à l’épanouissement
de l’individu, le savoir être, et ceci de manière
récurrente et permanente.
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